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Nos
actions - Dossier bois tropicaux
Usage des bois tropicaux
en France
Janvier 2003, La
Garance voyageuse sollicite les entreprises vendant des articles
d'ameublement afin de connaître leur position actuelle sur
la vente d'articles en bois tropicaux.
Dans notre courrier, nous indiquions que les forêts tropicales
humides, qui ne représentent que 7 % des écosystèmes des terres
émergées, font l’objet d’une exploitation intensive et irraisonnée
pour alimenter les marchés des pays développés.
La France, malheureusement, n’apparaît pas comme un modèle.
Elle est, en effet, l’un des plus gros consommateurs européens
de bois tropicaux. L’utilisation de ces bois correspond aussi
bien aux marchés privés que publics. Meubles de jardin, parquets
et autres objets de décoration d’intérieur vendus par les
entreprises françaises, notamment celles de la grande distribution,
favorisent la destruction des forêts tropicales. Les entreprises,
en favorisant cette offre, participent ainsi au pillage des
forêts. Celles composées de Teck, notamment en Asie du Sud-Est,
en font tout particulièrement les frais.
Cette consommation est évidemment contraire aux engagements
français en matière de développement durable : l’Assemblée
nationale a voté le 18 juin 1998 la ratification d’un accord
international sur les bois tropicaux décidant que, d’ici l’an
2000, les importations de bois tropicaux et produits dérivés
de bois tropicaux proviendront de sources gérées durablement.
Cette consommation est bien sûr également contraire au principe
du développement durable, terme que se sont approprié et emploient
de nombreuses entreprises, souvent dans une logique purement
médiatique et au plus grand mépris des impératifs sociaux
et environnementaux locaux.
Ainsi nous demandions aux entreprises contactées de bien vouloir
nous indiquer si au niveau de leur entreprise, elles vendent
encore des bois tropicaux pour l’ameublement et la décoration.
Dans l’affirmative, si elles imposent à leurs fournisseurs,
l’emploi de bois certifiés provenant de forêts gérées de façon
durable, et dont les labels de certification sont au-dessus
de tout soupçon et tentatives de contournement des contrôles
de certification.
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Lettre
type (à télécharger)
à adresser aux magasins de votre choix afin de démontrer
que cette question ne préoccupe pas uniquement les associations
de protection de l'environnement mais touche directement
les consommateurs. |

Toujours sur
ce sujet, dans un courrier daté du 30 juin 2003, La Garance
voyageuse interpelle le maire de Montpellier sur l'usage
des bois tropicaux dans le projet "Nouveau St Roch" d'aménagement
du quartier de la gare. |
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Bâtir sans détruire
Dans La Garance n° 51, nous
vous invitions à participer à la campagne « Bâtir sans détruire
» destinée à sensibiliser les utilisateurs publics de bois tropicaux
aux conséquences de leurs achats…
Les forêts tropicales humides, qui ne représentent que 7 % des
écosystèmes des terres émergées, font l'objet d'une exploitation
intensive et irraisonnée pour alimenter les marchés des pays
développés.
La France, malheureusement, ne fait pas figure de modèle. Elle
est, en effet, l'un des plus gros consommateurs européens de
bois tropicaux. L'utilisation de ces bois correspond aussi bien
aux marchés privés que publics. Les collectivités territoriales
et locales ont un rôle important dans cette consommation, que
ce soit à travers les aménagements des bâtiments publics ou
administratifs, les aménagements paysagers, d'espaces verts
ou routiers ou encore les ouvrages d'art.
Cette consommation est contraire aux engagements français en
matière de développement durable : l'Assemblée nationale avait
ratifié le 18 juin 1998 un accord international sur les bois
tropicaux décidant que, d'ici l'an 2000, les importations de
bois et produits dérivés de bois tropicaux proviendraient de
sources gérées durablement.
En complément de la campagne de sensibilisation menée par les
associations les Amis de la Terre et Robin des bois, La Garance
voyageuse s’est adressée aux Départements, Régions et CAUE (Conseil
d'architecture, d'urbanisme et d'environnement) de France métropolitaine
pour leur poser les questions suivantes :
- utilisent-ils des bois tropicaux dans leurs constructions
ou leurs aménagements ?
- si oui, imposent-ils, que ces bois soient certifiés comme
provenant de forêts gérées de façon durable ?
- envisagent-ils, dans un avenir proche, d'interdire l'utilisation
de ces bois ou d'imposer la certification dans leurs marchés
publics.

Il leur était aussi demandé de nous communiquer les quantités
de bois tropicaux qu'elles avaient utilisées au cours des cinq
dernières années. Les bois tropicaux encore très utilisés dans
les équipements coupe-feu. Après un courrier envoyé au début
du quatrième trimestre 2000 et une relance le 15 mars 2001 à
tous les organismes n'ayant pas répondu à notre courrier, La
Garance n'a obtenu que 80 réponses pour 214 organismes sollicités
soit un taux de réponse proche de 40 % !
Les réponses les plus nombreuses correspondent à celles des
départements (Conseils généraux) avec 40 réponses. Celles-ci
sont très diverses. La plupart des départements se disent pas
ou peu consommateurs de bois exotiques. Ils affirment être sensibles
aux enjeux de la protection des forêts tropicales. L'utilisation
des bois exotiques apparaît ponctuelle dans certaines constructions
(collèges) et notamment pour la fabrication d'équipement coupe-feu
compte tenu de la meilleure résistance au feu de certains bois
tropicaux par rapport aux bois européens (réponses des départements
de Seine-et-Marne, Haut-Rhin, Haute-Garonne, Meurthe-et-Moselle,
Val-de-Marne et Gironde).
Les départements de Haute-Garonne, Mayenne, Meuse, Loir-et-Cher
ont abandonné l'usage de tout bois pour l'aluminium et le PVC,
exception faite pour les monuments historiques et secteurs protégés
(en Meuse et Loir-et-Cher) où le bois est imposé par les Bâtiments
de France. La Seine-Maritime et le Lot utilisent, quant à eux,
occasionnellement de l'azobé pour l'aménagement des berges des
rivières ou des ouvrages de défense contre la mer compte tenu
de la grande résistance de ce bois. Le département de la Marne,
quant à lui, « n'impose pas l'utilisation des bois tropicaux
» (sic), heureusement !

Une dizaine de départements en pointe, mais beaucoup d’autres
trouvent prétexte pour ne pas contrôler l’usage des bois tropicaux.
Dix départements, en plus d'adhérer au principe du développement
durable et de certification développent la démarche H.Q.E (haute
qualité environnementale), font apparaître des clauses dans
leurs cahiers de consultation des entreprises (CCTP) lors des
appels d'offre. Il s'agit des départements du Tarn, Calvados,
Vaucluse, Haute-Loire, Tarn-et-Garonne, Jura, Vienne, Lot, Meuse
et Val-d'Oise. Les départements de Haute-Loire, Aube, Meurthe-et-Moselle
et Landes souhaitent avoir, quant à eux, des exemples de clauses
particulières ou de label…
La Gironde, le Loiret et les Landes attendent des prescriptions
ou un renforcement de la réglementation nationale pour imposer
des normes plus strictes.
Le département des Landes précise que toute clause, visant à
refuser des bois exotiques ou imposer des certifications, excédent
largement les possibilités offertes à l'acheteur public dans
l'élimination des offres qu'il reçoit. Il ne doit, en effet,
s'appuyer que sur les normes nationales ou communautaires en
vigueur.
Les réponses parvenues des Conseils d’Architecture, d’Urbanisme
et d’Environnement sont au nombre de 23. La majorité d'entre
elles nous informent que les CAUE ne réalisent jamais de maîtrise
d'œuvre (architecte), ni de maîtrise d'ouvrage (financeurs des
équipements) et que leur action se situe très en amont des projets.
Bien que sensibles au principe du développement durable, les
CAUE estiment que leur rôle d'assistance aux particuliers et
collectivités ne doit pas porter, du fait de leur déontologie
et leur indépendance, sur la définition de matériaux qui reste
du libre choix des concepteurs et maîtres d'ouvrage… Nombre
d'entre eux préconisent toutefois des matériaux traditionnels
et régionaux.
Certaines régions essaient de développer des filières bois régionales…

La Garance a reçu 11 réponses des régions (soit 50 % de réponses).
Les Régions ayant répondu nous informent qu'elles se sont engagées
dans une démarche de développement durable et qu'elles sont
vigilantes quant à l'origine des bois utilisés dans leurs équipements,
souvent H.Q.E. De nombreuses régions, fortement boisées, ont
également pris des initiatives pour développer la filière bois
régionale. La région Poitou-Charentes précise toutefois qu'elle
fait confiance aux entreprises qui répondent à ses appels d'offres
et que celles-ci ne peuvent méconnaître les dispositions légales
en ce qui concerne la provenance des bois qu'elles utilisent.
La région Provence-Alpes-Côte-d'Azur attire, quant à elle, notre
attention sur l'absence de label actuellement existant et disponible...
Mais beaucoup d’autres pratiquent la langue de bois.
Terminons par la région Basse-Normandie : elle nous rappelle
que notre courrier sous-entend que les collectivités sont maîtresses
de leur commande (ce qui est vrai) ; mais elle refuse le principe
selon lequel le consommateur (ou la collectivité) par son choix
(ou le boycott) de certains produits pourrait influencer le
mode d'exploitation des forêts. Elle considère, en effet, que
notre courrier laisse supposer « que les autorités douanières
de notre pays sont incapables de filtrer ou contrôler correctement
les arrivées de bois
tropicaux »…
La région Basse-Normandie utilise des bois européens et tropicaux
« conformément à la législation en vigueur » et fait confiance
à l'efficacité de « l'État de Droit ». Elle attend donc que
l'État intègre dans sa législation l'objet de la ratification
du 18 juin 1998 pour l'appliquer… Ce qui nous rapproche de la
teneur du courrier du département des Landes.
Quant à notre demande, qui référence à la Loi du 17 juillet
1978 relative à la liberté d'accès aux documents administratifs,
la Région Basse-Normandie considère que notre allusion est sans
fondement et qu'elle n'était donc pas obligée de nous répondre…
(merci quand même !).
Texte : Guillaume Lemoine

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